25 février 2010

Galerie de portraits: Alhadji Siaka

Benoît Forget et Robert Langhendries nous proposent une galerie de portraits des personnes importantes rencontrées lors de leur voyage en Sierra Leone d'un mois au début de l'année 2010 et qui leur ont été très utiles.
Ils commencent cette galerie par le portrait d'Alhadji Siaka, qui est selon Benoît l'un des très rares bons ornithologues professionnels de Sierra Leone. Biologiste environnemental, il dirige l'unité de recherche et d'étude du Gola Forest Programme (
www.golarainforest.org).
Entre autres, il a participé à l'inventaire du massif forestier de Gola après la signature de la paix civile en Sierra Leone en 2002. Il a travaillé à Gola en 2007 avec Françoise Dowsett Lemaire, auteur de plusieurs ouvrages comme "The Birds of Malawi: An Atlas and Handbook"?
Consultant local sur l'avifaune de la région de Bumbuna, une région de savanes (lire le message "
Bumbuna : la Mecque des espèces de savane"), il a réalisé un inventaire de l'avifaune des Loma Mountains et a participé à une étude nationale sur les oiseaux aquatiques côtiers en 2005.
E-mail:
alhadjisiaka@yahoo.com et Téléphones: 0023276767291 / 00232 33 350470.

Galerie de portraits: Momoh B. Sesay dit “Modu”

Momoh B. Sesay (dit “Modu”) est un collaborateur de K. Gbengba, et Benoît et Robert ont effectué la plupart de leur séjour avec lui.
Il a encore beaucoup de choses à apprendre, mais il est curieux et volontaire. Il a été formé à l'identification des oiseaux par Alhaji Siaka de la Darwin Initiative (
darwin.defra.gov.uk), une structure publique britannique, et a participé à une formation à la gestion des zones humides assurée par la Conservation Society of Sierra Leone (http://conservationsl.org/).
Il a participé à une étude sur le Picatharte de Guinée (Picathartes gymnocephalus) qui a débuté en 2007 (lire l'article Le
Picatharte de Guinée, gardien des ancêtres).
Il a été convenu que Modu puisse aussi avoir l’usage du matériel optique offert par nos sponsors
www.topoptics.biz et www.focusoptics.eu confié au responsable de l'African Bird Club (www.africanbirdclub.org).
A titre de remerciement et afin de soutenir son engagement professionnel dans l’ornithologie, Benoît et Robert lui ont offert l'un des 4 guides "Field Guides to the Birds of Western Africa" de Nik Borrow et Ron Demey fournis par Ornithomedia.com.
Son e-mail est:
momoh4bird@yahoo.com et son téléphone est: 0023276 903675.

Galerie de portraits: un bon chauffeur, Ibrahim Conteh

Ibrahim Conteh est un très bon chauffeur, capable de conduire et d'accompagner des observateurs. Sûr et raisonnable, il travaille pour une société qui propose des voitures de location.
Vous pouvez contacter cette entreprise (dont Benoît ne nous a pas précisé le nom) à cette adresse: 20, Black Hall road, - Kissy - Sierra Leone - Tél : 00232 078708304.

Galerie de portraits: 4 gardes

Benoît et Robert continuent leur galerie de portraits avec ceux de quatre gardes (les numéros sont ceux de la photo ci-contre):
1- Bassie Kargbo, garde dans le Mamunta Mayosso Wildlife Sanctuary (voir sa
position sur notre carte, et lire le post correspondant à cette étape dans les archives de ce blog). Il a gentiment guidé Benoît et Robert jusqu’au lac Roneita, au coeur dus anctuaire. Tél : 076232884 – 088 992084.
2- Abchal Kamara, garde en chef de la Loma Mountains non-hunting Forest Reserve (voir sa
position sur notre carte, et lire le post correspondant à cette étape dans les archives du blog). Il a été rencontré dans le village de Mayosso.
3- Ibrahim est un guide local très efficace travaillant dans la réserve de Gola North. Il a participé à plusieurs sorties dans ce secteur, comme celle à la recherche du Malimbe de Ballmann (Malimbus ballmanni) et il semble connaître chaque recoin de ce superbe endroit.
4- Saidu Bangura: c'est un guide du parc national d'Outamba Kilimi (voir sa
position sur notre carte, et lire le post correspondant à cette étape dans les archives de ce blog).

Galerie de portraits: Kennth Gbengba

Kennth Gbengba est le leader de sa propre compagnie qui a déjà travaillé avec des ornithologues connus qui ont visité la Sierra Leone. Pour de multiples raisons hélas, sa collaboration avec Robert et Benoît n'a pas été fructueuse sur les plans logistique et ornithologique.
Il est le représentant officiel pour le pays de d’
African Bird Club (ABC), et Robert et Benoît lui ont à ce titre confié une longue-vue et deux paires de jumelles offets par nos sponsors www.topoptics.biz et http://www.focusoptics.eu susceptibles de contribuer à la formation de nouveaux professionnels. Ce matériel sera bien entendu confié au nouveau responsable de l'ABC dès sa nomination.

Galerie de portraits: Abdul Karim Al Kotob

Benoît et Robert nous proposent, dans une série de messages, quelques portraits de personnes ayant joué un rôle dans leur séjour en Sierra Leone. Ces contacts pourront être utiles pour tout observateur souhaitant organiser un séjour dans le pays.
Abdul Karim Al Kotob est le fils du fondateur du Family Kingdom Resort, un hôtel situé dans la capitale Freetown .
Abdul Karim est une personne sympathique et serviable, qui connaît bien le pays et qui peut donner de bons conseils à propos de tout problème logistique lié à un séjour ornithologique, comme la location d'une voiture fiable à un prix raisonnable.
Adresse de l'hôtel: Family Kingdom Resort - P.O.Box 94 - Lumley Beach Road - Robert street - Sierra Leone - E-mail:
a-kotob@hotmail.com - Tél : (0)22 236133.

7 février 2010

Deux articles de présentation sur la Sierra Léone

En complément aux messages postés par Benoît Forget, vous pouvez vous référer aux deux articles suivants publiés sur Ornithomedia.com:
- Sierra Leone 2009-2010: présentation du pays
- Sierra Leone 2009-2010: le Picatharte de Guinée, gardien des ancêtres

4 février 2010

Comme ailleurs, la triste équation de la déforestation...

Il est dit dans certains livres qu'à l'aube de son indépendance, en 1961, la Sierra Leone disposait encore de quelque 40% de son patrimoine forestier. Aujourd'hui, celui-ci s'accrocherait aux quelques 4 petits pourcents restants. Les deux photos ci-jointes confirment en tout cas que le processus suit son cours.
La première photo, prise "sur le vif", présente un homme transportant un planche tout juste extraite d'un arbre fraichement abattu. Nous aurions pu en prendre une dizaine comme celle-là, tout au long de notre périple.
En l'occurrence, le 1er cliché a été pris le 7 janvier 2010 en plein cœur des forêts officiellement protégées de Kambui Hills (voir sa situation sur notre carte), sur le sentier même qui mène, quelques centaines de mètres plus loin (!), à une belle colonie de Picathartes de Guinée (Picathartes gymnocephalus).
La seconde photo précise le tir, mettant en perspective l'équation survie impossible dans laquelle se trouve mise la population locale sierra leonaise; l'arbre photographié, fraichement abattu du matin dans le périmètre officiellement protégé du "Mamunta Mayosso Wildlife Sancuary" (voir sa situation sur notre carte) est débité en sept planches: c'est la quantité moyenne de planches obtenues par arbres de ce type.
Sachant que la valeur marchande actuelle de chaque planche est d'environ 7000 leones (soit environs 1,75$ /pièce) et que le salaire moyen du commun du sierra léonais se situe dans les 2 à 300.000 leones par mois, soit moins de 80 dollars ou 60 euros) un tel arbre, qui a mis une trentaine d'année à acquérir sa taille et qui est tronçonné en moins d'une heure, offre à son bûcheron de circonstance pas loin d'un quart de son salaire mensuel.
Les standards surréalistes des prix à la consommation en cours en Sierra Leone complètent le tableau: le sac de riz se négocie à plus de 100 000 leones, le "Gallon" d'essence (soit l'équivalant de 3 litres) se vend à 14.800 leones (environ 3,5 dollars)... Peu de chance dans ces conditions d'éveiller les consciences à l'urgence de protéger la nature.
Certes, le gouvernement est salué pour les améliorations concrètes apportées ça et la à la vie quotidienne de ses citoyens. Réseau de téléphonie mobile performant, aduction d'eau, électrification... Mais le pays manque tellement de tout.
Ainsi, depuis l'an dernier, les rues de l'ouest de la capitale bénéficient d'un éclairage nocturne. Cette belle avancée donne, en creux, une idée du temps que devront sans doute attendre les habitants du village de Mayosso perdu au cœur de la savane pour percevoir les premiers signes tangibles d'une quelconque amélioration de leur situation. Si tant est que celle-ci les atteigne un jour. Les fins connaisseurs de la réalité sierra leonaise considèrent que le problème central reste avant tout la corruption.
A la différence du Libéria, qui a connu un processus de nettoyage de ses élites corrompues au sortir de la guerre, la Sierra Leone n'a pas connu une telle remise à zéro des compteurs: des "projets-pilotes" remarquables, comem celui mené dans la forêt de Gola en supportent, dit-on, les viscissitudes au quotidien. Si l'idée, clairement affichée, est de décliner la formule du "Gola Forest Project" (http://www.golarainforest.org/) (y compris dans son volet éco-touristique) à d'autres zones protégées du pays représente à tous égards un fabuleux espoir, il se pourrait aussi que les bailleurs de fonds se lassent des prébandes et décident, comme ils l'ont fait ailleurs, de mettre la clé sous la porte...


BFo

22 janvier 2010

Outamba-Kilimi: un site facile (2)

Arrivé sur place au cœur de la nuit, on ne se rend pas bien compte. Mais le lendemain matin confirme directement les premiers pressentiments. Ce lieu perdu au bout du monde n'a plus reçu un visiteur depuis belle lurette. Pas d'eau, si ce n'est dans la rivière à crocos, en contrebas de nos vielles huttes individuelles. L'unique douche du site est hors d'usage. Il n'y a plus d'huile pour les lampes... Comme ailleurs dans le pays, les traces de la guerre sont encore bien visibles: une vieille maison de briques incendiée, un coffre fort éventré... Le personnel local n'est plus vraiment payé, nous dit-on.
Avec un bon 3/4 d'heure de retard, nous partons le premier matin vers le lac Idris, situé à 1h30 de pirogue du campement et présente comme "lieu important d'hivernage d'espèces aquatiques originaires du Paléarctique". Le long trajet en pirogue vers ce site attendu nous permettra d'entendre le grondement d'un Eléphant d'Afrique (Loxodonta africana) nerveux caché derrière l'épaisse végétation du bord de l'eau et de frôler - non sans un léger stress - un groupe de 8 Hippopotames (Hippopotamus amphibius) visiblement agités par notre présence. Pas de sentier, pas de piste en ces lieux.
On approche le "Lac Idris" par les trouées effectuées par le passage des éléphants. Fin connaisseur, notre guide local passe de trace en trace, précisant presque à l'heure près le dernier passage du dernier pachyderme. Là aussi, perdus à pied dans la haute végétation, on n'a pas toujours le sentiment d'être totalement rassuré.
Mais voici enfin le lac... qui se révèle finalement n'être plus qu'une vaste étendue humide couverte de hautes herbes. Rien à voir en ce lieu, à part quelques jacanas. Grosse déception. Seul bemol: le retour révèle une femelle de Grébifoulque d'Afrique (Podica senegalensis) et son petit. Après les heures (particulièrement) chaudes nous décidons de nous concentrer sur le sentier menant vers le "compound" et la petite vallée humide située en contrebas.
Enfin, une bonne surprise: les oiseaux sont partout. Malgré un passage appuyé dans la "savannah belt" de la région de Bumbuna, une simple heure à Outamba confirme largement l'utilité de notre présence en ce lieu. Une bonne partie des spécialités de Bumbuna s'y retrouvent en effet dans une magnifique savane boisée. Et le Choucador iris (Lamprotornis iris), le Pic barré (Campethera maculosa), le Gonolek de Turati (Laniarius turatii), le Calao à casque jaune (Ceratogymna elata) et le Sénégali à ventre noir (Euschistospiza dybowskii) ne sont que quelques-unes des belles espèces du site, avec également le Mésange galonnée (Parus guineensis), le Grimpereau tacheté (Salpornis spilonotus), le Guêpier à queue d'aronde (Merops hirundineus), le Bulbul à queue rousse (Phyllastrephus scandens) et le Bulbul à gorge claire (Chlorocichla flavicollis)... Les cartes de répartition des guides prouveront une fois de plus leurs limites avec l'observation notamment du Faucon ardoisé (Falco ardosiaceus), du Traquet à front blanc (Pentholaea albifrons) ou de l'Eurylaime du Cap (Smithornis capensis).
Petite cerise sur le gâteau : une ballade vers la colline situe l'autre côté de la rivière nous offrira l'excellente observation d'une vraie belle "crasse" :le Coucou d'Audebert (Pachycoccyx audeberti)!

BFo.

21 janvier 2010

Outamba-Kilimi, un site facile...(1)

A la lecture du Bradt Travel Guide sur la Sierra Leone, le parc national d'Outamba-Kilimi, au nord-ouest du pays (voir sa situation sur notre carte) semble d'approche facile. La chose étant confirmée par notre accompagnateur, la décision est prise: Outamba-Kilimi sera le dernier site prospecté pendant ce voyage. Seulement voilà, il y a facile et facile. Et l'on est vite rappelé au simple fait que la Sierra Leone reste la Sierra Leone. Déjà les quatre heures de pistes qui mènent au ferry, situé au delà de Kamakuyie, ont valeur de belle mise en bouche.
Les choses se précisent lorsqu'on apprend que le ferry a rendu l'âme y il a un mois. La logistique prend alors un virage particulier. A Kamakuyie, on n'a plus d'autre choix que d'abandonner le van et de louer les services de taxis-motos. On y harnache les sacs a dos, la nourriture et l'eau - les locaux peuvent éventuellement préparer l'un ou l'autre repas basiques (riz et poisson-chat pêché dans la rivière d'à-coté).
De là, on est parti pour pas loin de deux heures de montagnes russes sur une mauvaise piste poussièreuse. La chevauchée est assortie d'une belle parenthèse au milieu de nulle part: la traversée de la rivière. les flotteurs du défunt "ferry" gisent effectivement de part et d'autre du chemin. Une grande pirogue est sensée transborder les trois motos, le matériel et tout le monde d'un côté à l'autre d'une belle rivière à crocos... Le tout de nuit. On nous dit de rester bien debouts et immobiles au centre de la pirogue surchargée.
L'ambiance se détend quelque peu par le passage inopiné de notre premier Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax) et d'un magnifique mâle d'Engoulevent à balanciers (Macrodipteryx longipennis) ...

BFo.